Être ou pas végétarien

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le 4 avril 2011

Je me nourris bien


© D.R.

Quels sont les bienfaits et les dangers du végétarisme ? Réponse par deux spécialistes de la nutrition.

J’ai de plus en plus de copines qui se déclarent « végétariennes », la France compte un million de végétariens (2 % de la population). En Allemagne et en Italie, le phénomène est plus répandu, et aux États-Unis ils seraient 30 millions.

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Nathalie et Jean-Marie Delecroix

Maintenant beaucoup de végétariens le sont pour des raisons religieuses, comme les Indiens, les Tibétains, pas mal de Japonais sont semi-végétariens… Tous ces gens ne s’en portent pas plus mal, leur espérance de vie est même bonne, comme par exemple au Japon peu touché par le cancer.

Une piste à explorer à partir du très bon livre « Devenir végétarien » par Jean-Marie Delecroix, naturopathe formé à l’homéopathie, à la médecine traditionnelle chinoise et initié à la psychiatrie, et Nathalie Delecroix formée à l’hygiène vitale et spécialiste en médecines naturelles.

Qu’est-ce qu’un végétarien ?
Les végétariens ne mangent pas de « viande » mais acceptent les produits fournis par les animaux comme le lait, le beurre et le fromage, les yaourts, les œufs, le miel… Certains mangent tout de même de la volaille, d’autres du poisson. Certains sont « ovo-végétariens » c’est-à-dire qu’ils écartent les produits laitiers mais pas les œufs, d’autres refusent les fromages « nourris » aux enzymes animales, œufs d’élevage intensifs.
Plus strictes, les végétaliens ne mangent que des végétaux, complétant leur alimentation par des minéraux et micro-organismes. Là encore il y a des variantes, comme les « crudivores » qui en plus mangent cru (cuisson possible inférieure à 48°C), les « fruitaristes » qui ne mangent que des fruits, ou les « véganistes » chez les Anglo-Saxons qui vont jusqu’à refuser laine, cuir, fourrure et produits testés sur les animaux.

Qu’en pense mon petit corps ?
Ce que je veux savoir c’est : Est-ce bon ou mauvais pour mon corps, ma santé ?

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À lire pour me sentir bien

Selon Nathalie et Jean-Marie Delecroix, « La morphologie de nos dents et de nos mains d’humains est très différentes de la morphologie des mammifères carnivores, elle se rapproche de celle des herbivores. Ce qui fait penser que nous sommes plus bâtis pour consommer des végétaux que de la viande, plus bâtis en tout cas pour en consommer peu. »

Côté fonctions intestinales, « un morceau de viande n’est rien d’autre qu’un morceau de cadavre et son pourrissement crée des déchets toxiques dans nos intestins, toxines qui traversent la paroi intestinale et s’infiltrent dans le corps, qu’il faut éliminer au plus vite, sinon gare à la constipation ! » Le long séjour de la viande dans le côlon fait que les déchets toxiques causent leurs ravages. »
Selon le Dr Sharon Fleming de la faculté des sciences alimentaires de l’université de Berkeley en Californie : « Il apparaît que les fibres alimentaires (Ndlr contenues dans les végétaux) aident à réduire le cancer du côlon et du rectum. » Ainsi l’incapacité du corps humain à éliminer l’excès de graisses animales serait-elle une autre preuve que l’alimentation carnée n’est pas pour l’être humain ?

Les bonnes protéines
Les protéines servent à la construction, la réparation et le renouvellement des organes de notre corps, et notamment à la fabrication des muscles. Alors protéines animales ou végétales ?

Réduire sa consommation de viande
nous fait rencontrer la nature
et ses richesses incommensurables.

La formule chimique des acides aminés constituant les protéines animales ou végétales est la même. Cependant les protéines végétales ne contiennent pas de mauvais gras, sont exempts de déchets tels que l’urée et n’ont pas été traitées aux antibiotiques.
Pour ce qui est des prétendues carences en certains acides aminés essentiels dans les protéines végétales, elles seraient comblées par une association céréale-légumineuse : riz-soja ou lentille ou haricot rouge, millet-haricot. Certaines céréales comme le quinoa, le chanvre et l’amarante peuvent être consommées seules.

proteines vegetales

Riz-lentilles, au «eat» parade de l'alimentation végétarienne

Pour faire court, les protéines végétales conviennent bien pour vivre et se sentir bien. Le végétarien « bien équilibré » ne manque pas de protéines. Consommer aussi quelques protéines animales est un bon choix, concluent les auteurs, Nathalie et Jean-Marie Delecroix.
En effet, ces dernières fournissent de la vitamine A, absente des végétaux, fabriquées par l’homme à partir du bêta-carotène si le foie fonctionne bien, de la vitamine D3, absente des végétaux, aide précieuse au métabolisme du calcium apportée en partie par le soleil, des acides gras EPA et DHA que l’on trouve dans les poissons des mers froides (thon, saumon, hareng, maquereau), précise Robert Masson directeur du CENA, Centre européen de naturopathie appliquée.

Les bons végétaux
Plus de viande dans l’assiette peut paraître tristounet à certains gourmets. Il s’agit seulement de réduire la dose, histoire de mieux digérer, de se sentir bien dans son corps. L’occasion de se tourner vers des aliments délaissés voire méconnus. « Réduire sa consommation de viande nous fait rencontrer la nature et ses richesses incommensurables » enchérissent Nathalie et Jean-Marie Delecroix.

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Anti-cancer, le brocoli

Haro sur tous les légumes, bio de préférence (ail, artichaut, asperges, blette, brocoli, le plus chou des choux, carotte, petit pois, poivron…) et notamment les légumes anciens, dont c’est le grand retour (panais, topinambour), les légumes secs (pois chiche, fève, lentille, haricot sec, haricot mungo, soja jaune), les graines germées et tous les fruits (séchés, rouges, exotiques, secs…), à consommer sans modération.

10 bonnes raisons de devenir (+ ou -) végétarien
• Respecter ma physiologie d’herbivore
• Et de fait améliorer et respecter l’environnement et les animaux
• Éviter (limiter) les toxines de viandes
• Avoir une bonne digestion (fini la constipation)
• Drainer et désacidifier mon organisme
• Bénéficier des bienfaits des fruits et légumes
• Éviter le mauvais cholestérol et se prémunir de l’obésité
• Faire de sérieuses économies (la viande coûtant cher)
• Doper mon énergie vitale et augmenter mon endurance
• Vivre plus vieux/vieille en bon état de santé

Bon, sans afficher un statut alimentaire spécifique, disons que je mange très peu de viande rouge, seulement lorsque je suis fatiguée (j’en ressens le besoin), beaucoup de produits de la mer et de volailles, et suis en revanche addict des fruits et légumes (c’est physiologique)… Je me sens donc « néo-végétarienne » et je me sens bien. Pas besoin du coup de faire de régime à l’approche des beaux jours !

« Devenir végétarien », 18 €, Éditions Dangles. En libraire.
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commentaire

  1. avatar ChaNoYu
    Vendredi 19 août 2011 à 15:36

    Parmi les multiples ouvrages sur le végétarisme, « Devenir végétarien – Les bienfaits, les dangers » de Jean-Marie et Nathalie Delecroix, aux éditions Dangles, qui n’est pas un recueil de recettes, permet de véritablement réfléchir sur ce choix, ses implications philosophiques (qui ne se limitent pas au refus de la souffrance animale ; on peut citer les impératifs de santé – manger de la viande provoque cholestérol et maladies cardio-vasculaires – et écologiques) et les changements graduels nécessaires que la transition, si choix il y a, implique (où trouver d’autres sources de protéines que la viande et le lait ?), c’est-à-dire comment s’engager dans cette voie en gardant la santé (loin du cliché du végétarien pâle et anémique), en écartant les risques possibles. Et en plus, les auteurs font référence à des études scientifiques récentes !

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