Être un aidant familial

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le 30 septembre 2011

Je prends soin de moi


© Balina Films

Pas facile de se sentir bien quand on est un « aidant familial » et alors que l’on a déjà une famille et un boulot à gérer ! Y a-t-il des solutions ?

Ma mère souffre d’Alzheimer, mon père de Parkinson, ma voisine de palier est tout simplement une personne âgée dépendante que j’aide, mon enfant est handicapé… Autant de situations difficiles à vivre au quotidien. Difficile de se sentir bien dans une telle situation ! Qu’existe-t-il pour nous soulager, nous les aidants familiaux ou bénévoles ? LIRE aussi le chiffre…

C’est quoi un aidant familial ou bénévole ?
Selon la Charte européenne de l’aidant familial rédigée par la COFACE (Confédération des Organisations Familiales de l’Union Européenne), l’aidant familial ou bénévole est défini comme « une personne qui
aidant familial
vient en aide, à titre non professionnel, pour partie ou totalement, à une personne dépendante (âge, maladie, accident) de son entourage pour les activités de la vie quotidienne
». Véritable lien intergénérationnel, les aidants sont un maillon essentiel entre la personne dépendante et la société.

Qui sont ces « aidants » ?
Vous, moi, chacun… Pour la plupart (90 %), il s’agit de membres de la famille, 50 % étant les conjoints, 30 % les enfants. 60 % des aidants sont des femmes, mais les hommes sont de plus en plus concernés. 46 % d’entre eux continuent à exercer une activité professionnelle et en dépit de cela 54 % des aidants préfèrent s’occuper eux-mêmes de la coordination et de l’organisation des soins et de la vie de leurs proches, plutôt que d’en confier la responsabilité à un professionnel. Et pour cause, en France il existe très peu de structures pour accueillir les personnes dépendantes et ça coûte cher. Mais attention, ce rôle est difficile. 71 % Les aidants rencontrent de nombreuses difficultés dans l’accomplissement de leur action. Et cela peut durer des années. 76 % des aidants le sont depuis au moins 4 ans et 34% d’entre eux depuis au moins 10 ans. C’est minant, « bouffant » ! D’ailleurs, près de 3 aidants sur 4 s’estiment insuffisamment aidés et peu considérés par les pouvoirs publics. 71 % souhaitent une meilleure prise en compte de leurs besoins par la société. Une enquête de l’association France Alzheimer montre par exemple, que plus de 1000 € par mois sont à la charge des familles des personnes atteintes par la maladie qui restent à leur domicile.

Les répercussions sur la vie des aidants
Désarroi et souffrance psychologique sont souvent le quotidien des aidants tout particulièrement d’un point de vue psychologique et affectif pour 55 % d’entre nous. On se sent seul avec ces problèmes quotidiens à gérer. Ajouté à cela que ce n’est pas évident de voir un proche aimé se dégrader par la maladie. Et ça use de se répéter, d’aider, de courir les rendez-vous de médecins, kinésithérapeutes… La fatigue s’accumule, à tel point qu’il arrive que la santé de l’aidant se décline également, c’est le cas pour 57 % d’entre nous.

La minute des aidants… Parce que nous aurons tous un jour un proche à aider.

S’occuper d’une personne dépendante entraîne des répercussions sur la vie toute entière de l’aidant, qui doit gérer différemment son temps, arrêter ou réduire certaines de ses activités, loisirs, sorties ou week-ends et vacances. Il doit faire face à une nouvelle organisation ou à des aménagements au sein de son foyer ou de sa vie sociale. Ah il faut être une famille unie, un couple très solide pour survivre à pareille situation ! Et dans certains cas, l’aidant va jusqu’à réaménager sa vie professionnelle, demandant flexibilité des horaires, temps partiel, congés temporaires, télétravail, voire retraite anticipée. Difficile pour la majorité des aidants qui allie vie familiale et vie professionnelle, 63 % d’entre eux consacrant en moyenne 5 heures par jour à cette aide.
Les principales difficultés rencontrées sont le manque de temps, le stress, la fatigue et la culpabilité de devoir s’absenter pour travailler. De plus, les aménagements apportés au niveau du travail ont parfois un impact négatif. 15 % des aidants estiment en effet avoir été pénalisés dans leur évolution professionnelle, la majorité en refusant, de leur propre fait, une évolution dans leur parcours professionnel.

Existe-t-il des aides ?
Oui,I il existe des solutions de financement. Les assistantes sociales peuvent aider à les trouver. De même, on ne le sait pas mais pour concilier aide et travail, plusieurs dispositifs permettent aux personnes qui travaillent d’accompagner un proche : congé de solidarité familiale, congé de soutien familial, temps partiel, congé de fin de vie, télétravail ou aménagement du temps de travail. Les caisses d’assurances maladie, les assistantes sociales et les employeurs sont à même de
aidant familial
fournir les informations nécessaires. Juste que lorsque cela nous arrive de devenir « aidants » on manque cruellement d’informations ! 46 % des Français se disent mal informés sur les solutions proposées pour accompagner la dépendance des personnes âgées. > C’est vrai, j’en fais hélas partie, ma mère étant atteinte de Parkinson et autres problèmes neurologiques.

La Minute des aidants
Accaparés par des difficultés croissantes dans la gestion du quotidien de leurs proches, les aidants se trouvent la plupart du temps très isolés, sans pouvoir partager leurs préoccupations avec d’autres personnes vivant le même type de situation. Ils sont 75 % à souligner que leurs vies personnelle et familiale sont profondément modifiées par la prise en charge de l’aidé. C’est pour eux, pour nous les aidants, que Crédit Agricole Assurances lance le programme court « La minute des aidants » soit 30 épisodes de 52 secondes diffusés sur France3, du 3 octobre au 25 novembre 2011 à 10h45, du lundi au vendredi. « La minute des aidants » passe en revue des questions et problèmes du quotidien et propose, par le partage d’expériences, des solutions ou des bonnes pratiques pour répondre aux difficultés rencontrées par les aidants. « L’objectif étant de reconnaître l’importance des aidants comme acteurs sociaux et à leur proposer des solutions pratiques pour les accompagner dans leur quotidien », assure Dominique Clément (Balina Films), productrice de « La minute des aidants », de « les faire exister médiatiquement et reconnaître près de 4 millions de personnes qui, en accompagnant un proche, jouent un rôle sociétal essentiel ».

Contacts utiles :
• Le site communautaire des aidants qui fournit des réponses d’experts : www.aidonslesnotres.fr
• Le guide de l’aidant familial : www.travail-emploi-sante.gouv.fr
• L’UNAF : www.unaf.fr Association Française des Aidants : www.aidants.fr
• Le centre d’informations pour les retraités, les personnes âgées et leur entourage, CLIC : http://clic-info.personnes-agees.gouv.fr/clic/construirePageLogin.do
• Le portail d’information des maisons pour personnes handicapées, MDPH : www.mdph.fr
• Et le site officiel de l’administration française, APA : www.service-public.fr
Sources :
Crédit Agricole Assurances.
Panel national des aidants familiaux BVA-Fondation Novartis Baromètre Prévoyance Dépendance TNS Sofres- Banque Postale Prévoyance /La Tribune (8/2/11)
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5 commentaires

  1. avatar Christophe
    Vendredi 30 septembre 2011 à 9:15

    Bonjour à tous,
    Très bon article qui explique le rôle des aidants familiaux auprès d’une personne dépendante.
    Pour les aider, les lieux d’échanges sont nombreux sur Internet. Ils peuvent ainsi découvrir de nombreux conseils pour améliorer leur quotidien et ainsi témoigner pour partager leurs expériences d’aidant.
    Bon courage à tous

  2. avatar camus
    Lundi 19 mars 2012 à 15:21

    j’ai 82 ans ma femme aussi;elle est atteinte d’alzheimer.Nous ne sortons plus. je m’echappe une heure le lundi matin pour faire les courses de la semaine et un quart d’heure chaque matin pour l’achat du pain. Pour elle télé devant laquelle elle dort le plus souvent et pour moi lecture et internet. Les conversations sont limitées car elle a en plus des problèmes d’audition. LA VIE EST BIEN MONOTONE. Nos 55 ans de mariage nous aident à tenir,nous nesommes pas malheureux car nous sommes encore ensemble.

  3. avatar Véronique Geoffroy
    Lundi 19 mars 2012 à 15:28

    courage et bravo et re courage, Georges

  4. avatar Véronique Geoffroy
    Mercredi 9 mai 2012 à 17:43

    la maladie de Parkinson ne fait pas dans la dentelle, elle touche tout le monde…
    Sonia Rykiel raconte avec pudeur son « Putain de Parkinson » à Judith Perrignon dans N’oubliez pas que je joue (éd. L’Iconoclaste)
    LIRE http://www.lalettredulibraire.com/index.php?post/2012/05/02/N-oubliez-pas-que-je-joue

  5. avatar Véronique Geoffroy
    Mercredi 3 octobre 2012 à 11:54

    Le réseau social http://www.Aidonslesnotres.fr fête son 1er anniversaire le 6 octobre 2012, avec 250 000 visiteurs dont 70 % de femmes… toujours corvéables à merci !
    Les sujets de préoccupation sont : Alzheimer, la dégénérescence généralisée, l’AVC, le cancer… et dans ce ces cas les questions de : maintien à domicile ou placement en établissement, les démarches juridiques et le financement, la recherche de professionnels, les oins au quotidien… Plus d’infos sur le site, bon courage !

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