Cancer ? Même pas peur !

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le 12 mai 2011

Je prends soin de moi


© Daniel Deflorin

Martine Carret, atteinte d’un cancer du sein agressif de nature héréditaire s’est battue, pour elle et pour nous !

cancer du sein hereditaire

« Merci à tous. Juste MERCI »

À 44 ans, Martine Carret repère une « petite boule » au sein en se passant de la crème solaire, que même la mammographie ne détecte pas. Suspicieuse, elle insiste pour passer la batterie d’examens indispensables au dépistage du cancer et apprend qu’elle est atteinte d’un cancer du sein agressif de nature héréditaire, celui-là même qui a emporté sa mère, sa grand-mère et deux de ses proches parentes.
S’engage alors une bataille contre l’hydre qui la tenaille, mais elle n’est pas seule, car « ce sport de combat se joue en équipe » comme le dit si justement Gérard Holtz qui a préfacé son bouquin « Cancer ? Même pas peur ! » sorti en librairie le 5 mai. Staff médical, compagnon, famille, amis, entourage professionnel jouent chacun leur rôle, l’amour est plus fort que tout.
Et Martine de se « dédoubler » pour ne pas céder aux premiers avis médicaux, acceptables ou pas. Son message est un cri de révolte contre l’ignorance et les inégalités de prise en charge. Et d’insister sur l’importance de se faire dépister bien avant les 50 ans recommandés, car « soigné à un stade précoce, un cancer du sein, même héréditaire, peut être guéri, et que justement parce qu’il est héréditaire, il faut se faire suivre hyper jeune et ne surtout pas attendre d’approcher la cinquantaine pour passer une mammographie. »

En chaque femme sommeille
une championne de la vie. »
Gérard Holtz

C’est au nom de tous les siens, de sa famille touchée depuis des générations, que Martine bardée d’énergie, de courage et de ténacité est allée plus loin, non seulement en se faisant traiter mais également en participant à la recherche, ce qui permit notamment d’identifier chez elle le gène muté BRCA qui d’ordinaire répare les tumeurs. « Sauf que les médecins de famille et gynécos de mes cousines ne connaissaient pas cette mutation et prétendaient même qu’il était impossible que leur père le leur ait transmise. J’enrageais, car ils mettaient mes cousines en danger en ne les surveillant pas. » Et de l’écrire pour le faire savoir est énorme : « Ce que je veux c’est aider les autres et réveiller certains médecins. Si j y arrive j aurai gagné mon pari… » Quelle nana !

Martine, une copine
que l’on a toute autour de nous

Des femmes, comme Martine atteinte d’un cancer du sein, pas forcément héréditaire, on en a toutes et tous au moins une parmi nos proches (famille, amis, boulot), car il touche aujourd’hui une femme sur dix et est la cause de 11 000 décès chaque année.
Martine est une de mes consœurs, que je croise de puis des années dans les conférences de presse, nous avons pas mal de centres d’intérêt en commun et notamment notre amour pour Madagascar où toutes deux avions des projets d’adoption, que Martine vu les circonstances de sa maladie a dû en toute bonne conscience laisser tomber.

cancer du sein héréditaire

Plus qu'un livre, une respiration et beaucoup d'espoir en la recherche, la VIE.

Je l’ai vu au fil des mois se battre, continuer les conf’ comme d’hab’, « emperruquée », elle s’accrochait, conjuguait les verbes au futur (j’admirais son courage et sa ténacité), ne se plaignait jamais, était plutôt « agressive envers Krabus », parce qu’elle croît en la vie, et elle a carrément raison car elle l’a vaincu ce fichu crabe… Je tiens à préciser qu’à défaut d’être devenue maman, c’est une « Super Tata », rappelez vous son superbe reportage Danse avec les tortues et les Dauphins et son neveu de 6 ans, Vincent.
Martine est avant tout cela une femme passionnante, passionnée par la plongée sous-marine qu’elle pratique sur tout le globe, et une combattante pour les autres aussi, engagée pour la sauvegarde de l’environnement et des espèces marines en danger. Passionnée au point de pratiquer la plongée entre deux séances de chimiothérapie. « La force de résistance des femmes à la douleur est bien connue… En chaque femme sommeille une championne de la vie. L’adversité vous rend plus belle, votre lutte demeure exemplaire. » observe –et congratule- Gérard Holtz.

J’ai vu Martine cette semaine dans une conf’ encore, ses cheveux étaient magnifiques, elle rayonnait de joie… d’être en vie et d’avoir donné naissance à ce livre « Cancer ? Même pas peur ! » que vous allez tous lire mes chers amis lecteurs (c’est un ORDRE) car il donne la « gnacke » et qu’en plus une partie des fonds récoltés par la vente est reversé au Service d’Oncogénétique de l’Institut Curie… Faisons de leur slogan notre objectif : « Ensemble prenons le cancer de vitesse ».
« Écrire est très simple pour moi ce que je veux c’est aider les autres et réveiller les médecins! Si j y arrive j aurai gagné mon pari… »

Et Martine Carret d’insister : «Que les filles de moins de 40 ans avec des cas de cancers familiaux précoces sein/ovaires se rapprochent des consultations d’oncogénétique pour un test BRCA. En cas de mutation, des mesures de prévention sont mises en place (suivi par IRM dès 25 ans si besoin). Et que celles qui n’ont pas d’antécédents ne négligent pas leurs rendez-vous de dépistage (mammographie), dans des centres agréés. »

Lire également Cancer, un mieux-être à l’Hôpital Saint-Joseph de Marseille où la socio-esthétique et la psycho-oncologie font partie intégrante du traitement d’un malade atteint d’un cancer.une expérience.

• À lire : « Cancer ? Même pas peur ! », 288 pages, 18,50 €, Éditions L’Archipel. En librairie.
• Contacter l’Institut Curie pour prendre conseil sur la prévention et demander une consultation de génétique en cas de suspicion familiale : www.cancerdusein.curie.fr
• Pour en savoir plus sur le BRCA, contacter le réseau spécialisé FAR en Ile-de-France : www.gynecomed.net
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8 commentaires

  1. avatar marcella
    Jeudi 12 mai 2011 à 9:51

    bah oui on va acheter le livre et on l’embrasse martine, c’est le moins que l’on puisse faire!

  2. avatar Martine Carret
    Mercredi 1 juin 2011 à 20:01

    Récemment, un ami plongeur m’a appelée. Il revenait des Maldives, sa femme avait passé de la crème solaire… et … boups. Se rappelant ce que je leur avais raconté… il y a 2 ans… retour en France biopsie, elle a été opérée d’un cancer  »in situ » 4 jours après avoir connu le résultat… In situ = cancer non infiltrant.
    N’ayez jamais peur d’aller consulter. Plus tôt est la prise en charge, meilleur sera le résultat. En cas de doute (nodule perceptible, mais mammo neutre) demandez une biopsie. 30% des mammos seraient des faux négatifs: on repart sereine, mais… le sournois est là (ce qui était mon cas).

  3. avatar Caroline
    Lundi 20 juin 2011 à 22:50

    Tout comme toi Martine, j’ai eu un cancer du sein (c’était en 2003) puis j’ai aussi appris que j’étais porteuse d’une mutation BRCA1.
    Je n’ai jamais eu envie de lire un livre sur le cancer mais tu as réussi à me faire lire le tien et je l’ai dévoré !!!
    Bravo et, surtout, merci !

  4. avatar Marie L
    Samedi 25 juin 2011 à 8:31

    Un livre à lire absolument et pas uniquement pour les malades et leurs proches et les médecins mais aussi pour tout un chacun.
    On y découvre un formidable élan de vie, réaliste face au Krabus, Martine nous donne des pistes pour ne pas céder à la panique et aussi interpelle sur de nombreux points capitaux dans la lutte contre ce fléau: l’information des patients, des médecins, notre implication et donc information nécessaire au dépistage précoce (encore plus pour les cancers génétiques mais pas que) et cette formidable démonstration du ‘carpe diem’. J’ai aimé une phrase en particulier, et j’ai compris que là que Martine de tentait pas de donner de leçon ni de recette  » Etre attaqué? Donc riposter? Le malade doit se rebeller, se battre. Avec des armes, quelles qu’elles soient. Pour certains, c’est le travail ou les enfants. Pour d’autres, c’est la fuite, le repli sur soi, le déni. Pour moi, ce fut la plongée, Marc, ma famille, mes amis ».
    Merci Martine

  5. avatar Marie L
    Samedi 25 juin 2011 à 8:31

    Un livre à lire absolument et pas uniquement pour les malades et leurs proches et les médecins mais aussi pour tout un chacun.
    On y découvre un formidable élan de vie, réaliste face au Krabus, Martine nous donne des pistes pour ne pas céder à la panique et aussi interpelle sur de nombreux points capitaux dans la lutte contre ce fléau: l’information des patients, des médecins, notre implication et donc information nécessaire au dépistage précoce (encore plus pour les cancers génétiques mais pas que) et cette formidable démonstration du ‘carpe diem’. J’ai aimé une phrase en particulier, et j’ai compris que là que Martine de tentait pas de donner de leçon ni de recette  » Etre attaqué? Donc riposter? Le malade doit se rebeller, se battre. Avec des armes, quelles qu’elles soient. Pour certains, c’est le travail ou les enfants. Pour d’autres, c’est la fuite, le repli sur soi, le déni. Pour moi, ce fut la plongée, Marc, ma famille, mes amis ».
    Merci Martine pour ce magnifique témoignage

  6. avatar PAGANI Lyliane
    Mercredi 27 juillet 2011 à 7:51

    A lire et à offrir à toutes celles qui sont touchées un livre de battante plein d’espoir qui nous démontre qu’il faut se battre et surtout choisir son médecin en fonction aussi de son intuition la peur ne doir pas nous enlever notre libre arbitre. Bravo martine je vous ai lu et offert votre livre à ma voisine de chambre pour lui donner l’envie d’y croire. Lyliane

  7. avatar MarieS-T
    Dimanche 23 octobre 2011 à 12:23

    « Cancer? Même pas peur! » Lisez-le, parlez-en!
    Je « plussois » à tous ces commentaires sur ton livre Martine. Il va au-delà de la révolte contre ce crabe qui nous a pris tant d’êtres chers et qui nous a touché aussi ; contre ces médecins ignares devant les formes de K héréditaires. Il est instructif quant au gêne BRCA. Il est inspiratif ! Il dit « prenez-vous en main ». Etre Acteur c’est vivre. Merci.

  8. avatar Christelle B.
    Dimanche 19 mai 2013 à 15:46

    J’ai eu un cancer du sein à 35 ans et j’ai appris que j’étais atteinte d’une mutation sur le gène BRCA1… mais je m’en doutais depuis longtemps (cf. mon histoire familiale). A 39 j’ai subi l’ablation de mes seins et cette année à 43 ans, les ovaires. Je ne regrette aucune de mes décisions que j’ai prises seule. Je vis et je suis heureuse, j’ai appris à aimer mon nouveau corps. On dit souvent de moi que je suis une battante, j’ai juste envie de vivre et de voir grandir mes enfants. Bon courage à toutes.

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