Le plus vieux mammifère

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le 11 août 2009

J’aime les animaux


© MNHN, UMR 7207, C. Lemzaouda et P. Louis

Découverte au Maroc du plus ancien ongulé moderne apparenté aux éléphants…

À l’heure où sort l’Age de Glace 3, on découvre des ossements de 60 millions d’année, ça c’est du vrai, du concret, les enfants ! Petite leçon d’histoire…
Les débuts de la diversification des mammifères modernes (placentaires) restent mal connus à ce jour par manque de fossiles, particulièrement dans certains continents-clés de l’hémisphère Sud tels que l’Afrique. Emmanuel Gheerbrant, chargé de recherche au CNRS, signale, dans le cadre d’une convention de collaboration franco-marocaine entre notamment le Muséum et l’Office Chérifien des Phosphates, la découverte d’un des plus anciens ongulés modernes dans des niveaux paléocènes du Maroc. Âgé d’environ 60 millions d’années, ce mammifère fossile appartient à une nouvelle espèce nommée Eritherium azzouzorum. Il provient du même bassin à phosphates des Ouled Abdoun (Maroc) que Phosphatherium escuilliei, qui était, jusqu’à la découverte d’Eritherium, le plus ancien représentant de l’ordre des éléphants (55 millions d’années), mais de couches sédimentaires plus basses. C’est le plus ancien représentant connu des ongulés africains (paenungulés), et en particulier de l’ordre des éléphants (proboscidiens) dont il conforte l’origine africaine ancienne.
Un mini éléphant !
Eritherium azzouzorum est petit (4 à 5 kg) et extraordinairement primitif. Il témoigne de l’émergence d’un ordre d’ongulés modernes à un stade archaïque inédit, illustré par des réminiscences originales chez les proboscidiens avec des groupes primitifs, parmi les condylarthres (louisininés, éteints) ou les afrothères  (« rats » à trompes, Eocène-Actuel). Son grade primitif indique d’une part une évolution rapide des proboscidiens au passage Paléocène-Eocène (tel que l’augmentation de la taille), et d’autre part la radiation (diversification) rapide des ongulés africains après la crise Crétacé-Tertiaire il y a 65 millions d’années.
Eritherium fournit, par ailleurs, un nouveau point de datation capital, l’un des plus anciens, pour la phylogénie des ordres de mammifères placentaires, et notamment pour les études moléculaires.
En photo : Vue d’une des localités où a été trouvé Eritherium azzouzorum, dans les carrières de phosphates de Sidi Chennane, de la partie orientale du bassin à phosphates des Ouled Abdoun, au Maroc. Et spécimen type (crâne) du proboscidien Eritherium azzouzorum. Source : Emmanuel Gheerbrant. Paleocene emergence of elephant relatives and the rapid radiation of African ungulates. PNAS, 22 juin 2009.

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