Lui, elle, moi. Everybody.
« Chacun fait fait fait, c’qui lui plaît plaît plaît… »
Lettre de Béa
Dear friends,
Dans la famille « je fais c’que j’veux », je voudrais… la fille (je l’ai faite), le père ( je l’ai épousé), et donc la mère (moi ???) : BINGO ! Il faut se rendre à l’évidence, y a des moments (comme pendant les vacances par exemple) où besoin se fait, s’expose, s’implore et puis zut, s’impose : celui de faire enfin absolument CE QUE L’ON VEUT ! Cette liberté de révéler sa nature profonde quel que soit son statut familial est un droit, au même titre que celui de voter, de reprendre des brocolis ou même de suivre les feuilletons de Mimi Mathy ! Mais voilà est ce vraiment envisageable dans le cadre d’une famille ? Faire plaisir à chacun, c’est souvent « Mission impossible » et annonce faite à une rentrée pleine de rancœur. Et bien, je peux dire aujourd’hui « yes, we can ! » OUI, on peut réussir ses vacances, il suffit de s’en donner les moyens !
I know Dora, tu penses en me lisant :
- « avec la carte americanplatinesgoldsilver tout est possible … »
et toi cynique Valli :
- « le meilleur moyen de ne pas rater ses vacances est encore de ne pas en prendre ! »
Le meilleur, l’unique, le vrai c’est de partir à la rencontre de soi-même, l’espace d’un temps s’autoriser à être EGOÏSTE. Chacun chez nous a donc taillé sa route pendant une semaine : batailles de polochons, soirées déguisées et bonbons pour Emma, sport de l’extrême et cassoulet pour Jean et pour moi zénitude et nourriture bio. Je tiens à rassurer Camille et Jill, âmes sensibles : aucun enfant n’a été blessé ou traumatisé par cette petite séparation. Cathy, cesse de te signer, je te prie, une telle situation ne met pas à mon sens mon mariage en danger : les obligations sont souvent plus néfastes que n’importe quelle blonde fortement parfumée aux phéromones. Cela fait bien longtemps au contraire qu’au sein de notre petite famille nous avions ressenti un tel plaisir à nous retrouver pour partager nos repas et surtout nos aventures. Imaginez, première colonie de vacances, premiers souvenirs personnels pour Emma ! Pendant 9 ans, elle a du partager avec nous ses parents chaque cornet de glace, chaque château de sable, chaque piqûre de méduse et, là maintenant, elle nous offre comme un trophée les prémices de son autonomie lentement obtenue. La preuve criante que toute cette attention portée sur sa courbe de poids et de croissance, sa dentition, son souffle ça en valait la peine. Je la regarde différemment ce petit bout de demoiselle : où a t-elle appris à être si féminine, de qui tient elle toutes ces nouvelles petites manières, ce regard déterminé, et ce rire si pur, si cristallin qui résonne dans la maison depuis son retour. Jean sourit, il admire sa fille. Je me demande ce qui se passe dans sa tête quand il la regarde. Y voit-il lui aussi la jeune femme qu’elle sera, les garçons qui la courtiseront, lui briseront le cœur ? Je l’observe à la dérobée. Il est beau, le visage tanné par le soleil, une barbe de 3 jours, cheveux poivre et sel et quelques nouvelles petites pattes d’oie : le vrai baroudeur pulsé à l’adrénaline quoi ! Ça va être dur de réhabiter le costume et les horaires du bureau.
Pour ma part, j’ai jeûné, médité, je me suis abreuvée de silence, gavée de nature, noyée dans la lecture… Je peux donc envisager de vous revoir et surtout d’apprécier vos blablabla de crazy girls. Je peux vous l’avouer dans mes moments de solitude profonde nos c@fés-copines m’ont manqué ; c’est donc bien la preuve qu’il reste encore à me purifier avant la grande illumination.
Kiss Béa





